LES ANCIENS
Il se pose de savoir si les mêmes noms
anciens conviennent alors dans tous les cas.
Nous avons à tenir compte de ce qu'il y a d'admirablement spontané, souple et vivant, mais aussi d'imparfait et de presque " trop " naturel, dans les procédés
lexicologiques des anciens. Ils s'appuyaient sur une confiance robuste dans le sens commun et dans la voix qui nous parvient des choses par leurs apparences
sensibles, parce que la force intuitive de l'intelligence était assez grande chez eux et assez fraîche pour transcender ces moyens.
N'est-ce pas ainsi que pour défénir le
vivant ils pensaient d'abord à ce qui bouge ? ce qui se meut de soi-même ? il n'est pas de définition meilleure; mais après quel examen
critique et quelle élaboration.Les vocables des anciens étaient en apparence,...je veux dire quand à l'objet d'où la signification métaphorique était tirée,...plus matériels que les nôtres, plus
choquants pour des esprits raffinés; en réalité,...quant au sens lui-même,...ils étaient plus spirituels, ils allaient au coeur des
choses.
Parce que nous sommes devenus plus lourds nous-mêmes, et plus exigeants, il nous convient d'avoir un vocabulaire moins chargé de matière, moins spontané, moins
proche du sens, ou plutôt renouvelé par un contact nouveau, plus aigu, plus voulu, comme notre art lui-même, avec les choses du sens, par une nouvelle germination en nous
du verbe mental. Il en va de la philosophie à ce point de vue comme de la poésie. Les termes philosophiques s'alourdissent comme les images poétiques. La
création de nouveaux vocables, en privant l'intelligence du secours de la coutume et d'une sécurité sociale déjà acquise, la force à se tenir exclusivement au jaillissement vital par où l'idée
naît activement des images et des phantasmes, et de l'expérience de la vie.
J'ai parlé de notre première obligation, qui se rapporte à la continuité de la sagesse; il en est pour nous une seconde, aussi nécessaire, aussi urgente. nous
n'avons pas seulement à défendre la valeur et la nécessité d'une tradition philosophique contre les préjugés des esprits novateurs; il nous faut prendre
conscience aussi de la pertuelle nouveauté propre à la sagesse philosophique, défendre la nécessité de renouvellement et de croissance inscrite en sa nature, cette fois contre les préjugés des esprits systématiquement traditionalistes, ou immobilistes.
Elle est la racine de nos
anciens, transmise par les écrits, nourrie par la terre qui fortifie le tronc, les branches et les feuilles qui se renouvellent chaque
saison.
Elle transcende la mythologie, la raison, l'humanité, le cosmos et pour certain elle atteind Dieu. Nous la vivons avec une grande intensité cette vie, elle s'éteind pour finir dans le néan, la
mort, elle qui nous privera de tout et de tous, des promenades des montagnes, du bord de mer, des fleurs des champs, de nos parents, de nos amis (e), retour au noire total, au plus rien.
C'est pourquoi nous la vivons intensément, pour lui donner un sens, le sens de la transmission aux générations " la vie ", elle vaut la peine de nos souffrances et de nos amours, elle interpelle notre intellect, pourquoi la vie ? la mort ? si la raison ne prend pas part, si nous ne
la cultivons pas, alors on s'éteind. Plus de raisonnance dans l'âme et dans l'esprit. C'est le détachement avec l'humanité, le cosmos ou " Dieu ",celà conduit au suicide, à la méloncolie, à
l'absence du désir de vivre.
Philosopher, c'est partager avec autrui, être rattaché à l'universel, c'est encore une fois le sens
que nous lui donnons à la vie.
Le trop d'humanisme des nouvelles générations nous écartes du legs des anciens, à tel point que nous devons réapprendre de
peur que l'arbre ne fanne sans ses racines. Comme les générations changent, les phénomènes changent, le movement se transforme et le raisonnement pense-t-on aussi ! ce trop d'humanisme qui colle
la génération, nous éloigne des générations plus lointaines. Alors, que nous sommes si près de l'expérience, de la recherche et de
l'interrogation.
La philosophie permet de communiquer en permanence avec l'autre, cette communication nous rapproche l'un et l'autre,
lorsqu'elle est coupée, morte, éteinte, le mal s'installe, le malheur et la destruction de l'humanité. Cette communication a commencé par le fruit défendu par opposition à l'arbre de vie, l'un
étant doux et l'autre amer. L'arbre de vie c'est le temps de l'homme, à partir de ce moment là apparaît l'éveil des conversations, des exortations, des actions, l'échange humain de
l'interrogation, de la recherche, des bavardages et de l'intrigue, en parlant de choses dont on ne doit pas parler...!
Naît alors la philosophie du bien et par opposition la philosophie du mal, celui de guerrir le mal par le mal. La philosophie de la compassion dont le sens étymologique de
" souffrir avec ". Le mot exprime la pitié à l'égard d'autrui. Cette compassion humaniste qui a pri naissance avec le fruit défendu, l'homme tombe dans cette
condamnation de " souffrir avec l'autre ", la pitié pour chaque homme qui naît condamné pour la connaissance de nos paroles, de nos pensées et de nos oeuvres, en
sachant la nature des choses et en ne le faisant pas. Face à l'humanité, celui qui ne communique pas la vérité de la science est condamné. C'est affirmer sa
conviction de la nécessité à l'établissement, et à l'édification d'une structure intellectuelle de l'humanité par la transmission de la connaissance des choses ou de l'objet.
Nous naissons avec la capacité naturelle de distinguer entre le bien et le mal, lumière qui existe dans tout homme et nous relie au cosmos, elle est la conscience de
chaque être. Comme les autres facultés, cette conscience peut-être utilisée pour le bien ou le mauvais usage. Les hommes doivent être suffisamment instruit pour répondre à l'interrogation et à la
recherche pour la paix de la conscience.
Etre instruit est une nécessité, quand celà fait défaut, l'humanité s'enfonce et tombe sous le contrôle et la manipulation, coupée de la
communication, brisée, sectionnée, devenir sectaire et enfermée dans une dialectique d'idiot. C'est dans ce genre de communication et d'existence que suit la mort de l'intellect. La preuve, les
publicitaires disent : c'est nous qui " créons les concepts ", oui, le concept d'une marque de nouilles. C'est pourquoi, je dis que la vraie philosophie nuit à la bêtise, comme les arts empêchent les gens d'être bêtes. La philosophie a une fonction,
comme les mathémathiques "créer les concepts ". Depuis 20 ans, nous faisons traverser le désert à nos étudiants, et j'espère que ce n'est qu'une
traversée..! La vraie philosophie permet de faire évoluer la communication pour produire de l'échange, fixer les réponses et gravir les générations, comme une échelle, échelon par échelon, mais
une échelle sans fin.



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