Je me mets à méditer, et soudain j’entends un appel, un cri, c’est curieux, j’ai comme un
vertige. Je vois une lumière qui danse dans le mouvement du ciel. Ma vision commence à s’ouvrir comme une fleur. Dans mes voyages l’amour est en repère, et de mon regard, souvent rien ne se perd.
Violemment projeté, mon esprit surplomb l’église de mon village.
Là, se
construit le nouveau village de la compagne, avec ses souvenirs qui vieillissent. Où il faut réapprendre et réajuster sa vie. Mais, le village perd peu à peu les brins de causette avec les
dernières épiceries, au profit des grandes surfaces, les temples de la solitude moderne ! Au loin, le lac de Charavine apparaît. Je sens monter l’humidité et la fraîcheur du matin. Le roulis
du vent me donne une sensation de légèreté. Je me laisse emporter au gré de mes pensées, bercé entre le ciel et la terre. J’ai l’impression d’être vide et nue ; un autre, sans corps ni
cerveau ! Je reste là, comme engourdie, coupé de l’autre monde. J’essaie de me regarder, de deviner les contours de ce qui devait être mon corps ! je vois des milliers de petites
étincelles, du jaune, du bleu, du vert, j’ai un aspect cotonneux ! Je suis un monde en moi-même. Comme une flamme qui brille en mon âme, avec cet amour qui m’entame, me comble de bonheur.
Alors que je jouis de mon heure avec douceur, j’entends de nouveau cet appel, cette voix mélodieuse et douce ! cela venait de ma gauche, un peu au-dessus. Je distinguais mal les paroles qui
descendaient, seulement hachurées, dû peut être à mon excitation ! Dans mon esprit imprimé de cet amour tant désiré, je m’élevais en direction de
la voix. Je longeais le toit de l’église, en haut duquel je pouvais voir le carillon. Et en contre bas, j’apercevais les nouvelles constructions qui couvraient une partie de la colline. Et ça et
là, de la végétation broussailleuse, d’un vert dense et sombre, au milieu serpentant la route qui mène au lac. Alors que je m’élevais, apparaissait au loin, à demi caché par les arbres un étant.
Ce spectacle que je voyais, était comme une offrande. Puis la voix se fait entendre, plus forte cette fois, m’appelant par mon nom, mon nouveau nom ! par lequel je suis connu dans l’autre
monde. Je ne peux pas vous le divulguer. Mais, me voilà, juste à côté d’un être de lumière. Son bras se tendait délicatement, il tenait à la main, un manuscrit en plaque d’airain ! Il
l’ouvrit comme un fruit mûr, mon cœur palpité, j’y plongeais mes yeux, et mon regard était chaud. Il y a tellement de chair la dedans, c’est un dessert éternel ! Pendant que sa voix sortait
du silence, je sursautais à ces mots : « à quoi penses-tu ? ». je sentais un
mélange de douceur et d’humilité, mais j’ai du mal à parler ! Je me demande si tout ça est réel ? Pourtant depuis le temps que je vois, que j’écoute ! J’aime tellement cette voix.
Mais, la voix revient encore plus forte, plus âpre, inhabituelle, comme un reproche ! A l’intérieur de mon cœur ses mots me parviennent : « à quoi sert une lumière allumée si on la
cache ? Que tes mots luisent ainsi devant les hommes, et que chacun contemple celui qui est dans les cieux ! ». je reste dans cet instant silencieux… ! L’œuvre de l’amour est
immense, il est frère de la douleur. Ma prière à l’hôtel de parfum, s’élance vers le ciel, en communion sortie du chœur, a sa réponse au fond de mon cœur. La lumière a disparu, néanmoins, je me
sens joyeux de la grâce qui venait de m’être faite !
magnetique la philosophie du samaritain



Lorsque le mal sévit
dans le monde des esprits, la pensée devient un fleuve en ébullition. Et le vent chaud souffle comme un ouragan violent aux pires des tempêtes. Ces images maléfiques transforment ma contemplation
en vrai cauchemar ! Je peux voir les ailes immenses des anges de l’enfer, volant au clair de lune rouge sang, et dévorant les restes de cadavres. Cela ressemble aux vieilles histoires dont
la plupart servent à effrayer les enfants. C’est étrange, mais tout a commencé avec mon corps malade, et ma fièvre qui ne cesse de monter. En pareil cas, j’évite de m’endormir, car la vivacité
saisissante de mes pensées bizarres qui surgissent, embaument mon réveil d’un sentiment amers, et mon cœur me fait mal. Je souffre dans ces instants d’un excès d’imagination, et j’ai l’impression
que ma tête pèse cent kilos, parfois c’est difficile à supporter. Mon sens de la réalité disparaît, et je ne suis plus sûr de rien ; juste une illusion ! Parfois je cherche à découvrir
au cours de ma souffrance comment me débarrasser de mes peurs, de mes rires avant de pleurer face à la mort ! sans être enterré dans le ridicule, et surtout sans que la réalité s’effondre,
dans cette dernière marche solitaire qui nous conduit à la tombe. Je ne suis pas inquiet, il y a ce lieu de la contemplation, réel, où l’esprit accorde la paix à mon corps qui engendre la vision
des êtres, dont la face ressemble à mon visage. Là, où l’esprit peut voir des choses quand mes yeux sont fermés ! Continuera-t-il à voir quand mon corps sera complètement éteint ?
C’est-à-dire ce spectacle de lumière sans fin, avec des mondes multicolores, l’éden de toutes les créations ! Mais, l’amour est une œuvre immense de grandeur, elle brille mieux qu’une flamme
dans mon âme, elle m’aspire à la fidélité, et dans mon esprit imprimé, elle est tant désiré qu’elle m’entame !
Remplie de
vie, ma pensée cultive l’espace dans l’au-delà. Elle a son existence dans mes deux mondes. Parfois elle semble tétanisée ! Elle a besoin d’entraînement, elle devient comme un sport que
certains n’ont jamais eu le temps de pratiquer. Elle peut devenir incontrôlable, semblable à une épaisse forêt qui vous interdit de voir l’autre rive au loin, située dans l’immensité de l’espace.
Alors qu’il est agréable de voyager au bord des mondes supérieurs, là, où le regard s’étend à perte de vue ! mes pensées parcours l’espace à travers le temps, comme si la vie présente ne
suffisait pas pour assouvir ce sentiment, de frustration qui incite les gens à se détourner, de ce sujet étrange, en faveur de leur expérience immédiate, et de leur credo qui font fi, pour
l’exploration d’un lointain passé ! Mais, cette foire psychique qui m’enracine dans une vie éternelle, gagne ma conscience en formation, pour découvrir ce que l’orthodoxie religieuse ne
serait plus en mesure de nous offrir ! ! l’action contemplative peut répondre à cette attente. Elle fait pour moi, certainement office de « révélateur » pour suivre les
motivations autour desquelles pénètre la croyance. L’attitude des croyants modernes seraient fascinés par cette application contemplative, qui les mettrait en communion direct avec la concordance
des préceptes évangéliques. C’est le moyen pour l’homme d’avoir la vision de son corps physique, conçu pour l’identité de l’âme, dans son sens unique, et irrépétable ! Elle existe avec la
transmigration de la mémoire familiale, mémoire d’identité spirituelle, qui se manifeste pour notre progression individuelle. C’est pourquoi certains prétendent à la réincarnation, et aux vies multiples, dues à la résurgence de cette mémoire ; l’homme moissonne ce que les ancêtres ont semé ! et « leurs actes les suivent », (Apoc
X1V,13). Et si, vous persistez dans leurs actes bons où méchants : « on vous mesurera de la même mesure », (Mat V11, 2). C’est pourquoi elle se présente comme le moyen d’expiation
dans le délai accordé à l’être ! la vie mortelle pour le corps est sa plus haute fortune, et mon âme déplore le néant. C’est ainsi que la mémoire est permise, jusqu’à ce qu’elle
s’épuise !
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