
LE MOUVEMENT DE L'INTELLIGENCE
Donc tout système d'intellectualisme absolu est inévitablement panthéiste, parce qu'un tel système attribue aux choses
cette propriété d'intelligibilité en acte pur. Si les choses ne sont pas Dieu elles doivent comporter une certaine inintelligibilité pour autant qu'elles tiennent du non-être; s'il est vrai que
l'intelligibilité va avec l'être, il est clair que pour autant qu'une chose tiendra du non-être, pour autant elle aura en elle une racine d'intelligibilité, le non-être relatif c'est aussi une
inintelligibilité relative. On a d'un côté les systèmes d'intellectualisme absolu,le Spinozisme par exemple, ontologie moniste et la philosophie de Schopenhauer
dépourvue de données fondamentales ontologique et comme il le dit lui-même, sa philosophie est une philosophie " qui ne rapporte rien "(
voir "monde comme volonté et comme représentation", traduction A.Burdeau, février 1844,texte Schopenhauer lui-même). Et entre les deux, un système comme Aristote qui
reconnaît que l'être va avec l'intelligibilité et par conséquent tous les êtres autres que Dieu comporteront, en même temps qu'un élément de non-être relatif, un
élément d'inintelligibilité relative dans leur texture métaphysique.
A cette potentialité dans toutes les choses créées par conséquent dans tous les biens créés répondra l'indifférence dominatrice de la volonté, qui était spécifiéepar
le bien comme tel, et ne pouvant donc dès qu'elle s'exerce, rien vouloir sans tendre d'abord à un bien choisi comme absolu , donne elle-même efficacité au bien particulier que l'intelligence lui
présente et qui la détermine, parce qu'elle fait surabonder sur ce bien particulier, par lui-même absolument incapable de la déterminer, le trop-plein de détermination qu'elle tient de son objet
nécessaire, du bien comme tel; elle le fait gratuitement être bon purement et simplement pour le sujet, à cause, si l'on peut dire, de la plénitude de détermination intelligible dont elle
regorge. Ainsi le principe de raison ne joue nulle part plus magnifiquement que dans le cas du libre
arbitre.

REMARQUE
:
Ce principe de raison d'être est universel bien que d'une application analogique. Il ne vaut pas seulement pour tel ou tel être, pour l'être créé ou pour l'être
contingent, il vaut pour tout l'être. Et nous avons vu qu'il vaut pour Dieu comme pour la créature bien qu'à un titre tout à fait différent. Le principe de raison d'être précède la division
de l'être en puissance et acte ; nous n'avons pas besoin d'avoir reconnu cette distinction pour saisir la nécessité du principe de raison
d'être.
LE PRINCIPE DE
FINALITE
Je disais que le principe de raison d'être précède la division de l'être en puissance et acte.
Le scientifique explique le comment d'une chose mais pas le pourquoi ? le problème ici peut-être : quel est le rapport entre le comment et le pourquoi ? or c'est dans
ce rapport que va se créer la fonction et le concept , mais encore par réduction ;quel est le rapport entre la fonction et le concept ? Je vous ai dit que le scientifique crée les fonctions et le
philosophe crée les concepts.

REMARQUE :
Même, si vous avez à faire aux philosophes des extrêmes, il faut les lire. Schopenhauer par exemple a trés bien
compris l'importance des concepts philosophique, je cite : ".....Privilège singulier, et remarquable des conceptions philosophiques ! celle-là seules qu'on a élaborées et
approfondies pour son propre compte peuvent ensuite profiter aux autres, et jamais celles qui prime abord leur sont destinées ". Vous comprenez pourquoi la philosophie est une arme
redoutable quand elle est exploitée comme moyen de gouvernement. Il faut éviter de déformer la pensée d'un philosophe en s'appuyant sur les combinaisons les plus démesurées en termes
contradictoires. La doctrine d'un philosophe ne doit pas être cherchée AILLEURS que dans SES PROPRES OUVRAGES. Sinon vous allez vous
retrouver avec des analyses contournées et déformées pour coller à un système à la mode
d'opinions.

L'entendement humain où viennent se résumer les sciences : se sont la compréhension des FONCTIONS physiques, des CONCEPTS philosophiques et de la science METAPHYSIQUE qui comprend la cosmologie, la psychologie et la
théologie.
" L'arbre acquiert une ultime perfection, passe lui-même d'une
perfection moindre à une perfection plus grande en produisant son fruit ".
" Une cause active, ne peut pas produire n'importe quoi en tant même
qu'il ne peut pas devenir n'importe quoi, acquérir n'importe quoi comme ultime perfection".
C'est là, la clef
préparée par Aristote : acte et puissance, et de reconnaître le caractère dynamique de l'être, cet enracinement ontologique de la tendance, de l'inclination, de l' Amour...! c'est là
qu'intervient l'effet ontologique et le concept d'Antélitchie d'Aristote, alors on s'aperçoit qu'il est possible d'entrer dans le mystère intelligible. La relation à une cause ne fait pas partie
de la définition de l'être de cette chose, vous aurez beau scruter la notion de l'être contingent ou de l'être qui commence, vous ne trouverez pas qu'il est nécessairement causé, ce n'est pas
dans la notion du sujet que vous trouverez le RAPPORT, c'est dans la notion du " RAPPORT CAUSE " que vous trouverez l'exisgence de celui
par le sujet même s'il est contingent. C'est par le RAPPORT que vous trouverez le pourquoi et le comment d'une chose. De même que si vous considérez la notion
pair ou impair, le sujet propre en est le nombre entier, alors vous direz " le nombre entier est pair ou impair ", de même, si vous considérez la notion " fondé à être ", " ayant une raison d'être", le sujet propre d'une telle notion c'est l'être, et alors vous énoncerez
le principe de raison d'être : " l'être est fondé à être ", tout ce qui est, dans la mesure où il est à " sa raison d'être
".
Le principe de
raison d'être précède la division de l'être en puissance et acte : la puissance est essentiellement ordonnée à l'acte. Là, je considère la puissance comme
puissance passive ou potentialité ordonnée à l'acte qui est sa détermination et sa perfection. Une autre formule aussi importante du même principe : tout agent agit
en vue d'une fin. Ce sont deux formules diverses d'un même principe.
L'une, la première, commande tout le plan inférieur de la potentialité, elle nous dit : toute puissance est ordonnée à l'acte qui la détermine.
L'autre formule concerne au contraire le plan de l'activité, de l'actualité et de la perfection, et comme l'acte vient de soi avant la puissance c'est cette formule
là qui est la
principale........
ANALYSE DU PRINCIPE DE FINALITE
Nous arrivons à l'analyse du principe de finalité, l'énoncé capital, l'énoncé le plus méthaphysique et le plus profond de ce
principe.

Nous avons abordé dans mes articles le principe de finalité en nous plaçant au point de vue de l'être en puissance. Nous avons vu qu'il est de l'essence même de la
potentialité ou de la puissance d'être ordonnée à l'acte et de se connaître que par l'acte auquel elle est ordonée. C'est là une des formules du principe de
finalité.
Si l'on se place à un autre point de vue, au point de vue de ce que toute action implique de perfection, de communication d'être et d'acte, alors on a de la finalité une aperception plus
profonde, plus universelle, plus instructive pour l'esprit, à laquelle répond la formule classique du principe de finalité :
" tout agent agit pour une fin
".
C'est cet aspect du principe de finalité que je veux considérer maintenant ; et nous retrouvons là le thème général de ces réflexions sur les premiers principes : comme dans chacun des principes intuitivement saisis par l'intelligence, l'être se scinde pour ainsi dire devant l'intelligence en deux objets de CONCEPT distincts qui sont
encore l'être lui-même, et que le jugement identifie " a priori ", c'est-à-dire en raison des exigences de ces CONCEPTS.......
RAPPEL
Nous avons vu que l'être se scinde pour ainsi dire devant l'intelligence en deux objets de concept distincts qui sont encore l'être lui-même, et que le
jugement identifie " a priori ", c'est-à-dire en raison des exigences de ces concepts.

Quels vont être ici ces deux objets de notion distincts ?
L'être
est pris ici dans la ligne de l'action ou de l'opération, c'est-à-dire de la position d'un acte terminal ( acte second) en lequel l'essence s'achève et fructifie par au-delà le simple fait
d'exister (acte terminal d'existence). D'une part l'être sera considéré comme agent ; d'autre part comme tendance à un bien auquel est ordonné l'agent comme tel, autrement dit à une FIN. ANALYSONS CES DEUX NOTIONS.

L'AGENT et la FIN
Qu'y a-t-il dans cette notion d'agent ? j'emploie le mot agent qui est beaucoup plus général que le mot cause
efficiente dont nous parlerons plus tard ;le mot agent est aussi général que le mot action :

" on distingue deux sortes d'actions essentiellement différentes, la notion et le mot d'action étant simplement analogues lorsqu'on passe de l'une à l'autre
:

" l'Action Transitive et l' Action immanente ", qui consiste non pas à faire ou produire quelque chose, mais à parfaire son propre
être, c'est-à-dire, dans le cas des actions le plus purement immanentes, des actions spirituelles, qui consiste dans un acte second d'opération qui est lui-même un exister d'ordre absolument
supérieur (supra-subjectif), par exemple l'acte d'intellection ou l'acte de volonté, l'action immanente n'appartient pas au prédicament action, elle est pure perfection intérieure du sujet, elle
appartient à la catégorie de la qualité. Eh bien, le mot agent a la même amplitude analogique que le mot action et peut se rapporter soit à l'agent capable d'action transitive, soit à l'agent
capable d'action immanente. C'est pour cela que je préfère le mot agent au mot cause efficiente, qui se rapporte plutôt à l'action transitive, ou en tout cas à ce qu'il peut y avoir de
concomitamment ou de virtuellement productif ou transitif dans l'activité immanente.......revoir articles du 26/27/29/01/2006.
Magnétique