Méditation
Dans la contemplation l’homme doit détecter l’étrangeté de la voie intérieure royale, qui se situe au « cœur » de nous-même. Là, où se révèle et s’ouvre l’étrange frontière de l’au-delà ! Qui provoque chez l’homme cette angoisse que suscite le passage de la mort vers la vie. Ce
sentiment inconscient et jubilatoire qui peut nous effrayer dans la contemplation, à cause de cette dépersonnalisation du « xenos » inquiétant qui est en nous. Et dont la crainte
inconsciente de cette pulsion qui semble immaîtrisable, et qui pourrai conduire le contemplatif vers un au-delà maléfique ou béatifique ! L’étrangeté qui est en nous, nous pousse
inconsciemment à la combattre, et nous luttons contre elle par peur d’accueillir cette inquiétante étrangeté d’âme unit au corps ! Cette
troublante altérité qui nous fait prendre conscience du corps. C’est l’âme analyser analysant le corps. L’entéléchie d’Aristote qui reconnaît que l’âme ne peut être mélangé au corps. Car l’âme
est étranger (xenos) au corps. Ainsi le corps souffre de ne pas jouir de cette immortalité de l’âme. C’est pourquoi le corps devient étranger par sa mort et sa décomposition, c’est la séparation
du moi en NOUS ! Le souffle Divin, mouvement d’un entéléchie insufflé et unit à la matière périssable. C’est-à-dire
l’élaboration première du souffle de la vie et du mouvement sur la mort de la matière. L’âme ou l’entéléchie réserver pour l’au-delà, installe la différence sur le principe des plaisirs de la
chair. C’est l’âme ou l’entéléchie comme ultime condition d’immortalité sur le « NOUS ».
ANALYSE DE L’AME OU DE L’ENTELECHIE
Voila mon point de vue, qui n’est pas seulement le
mien :
Voir dans mes liens le site de mon ami Gérard Tronche
Parce que l'âme intellectuelle ou son intellect possible, grâce à la lumière de l'intellect agent, principe actif, connaît la réalité sous un mode absolu ou universel,
c'est-à-dire sous une forme simple, ou sous une forme dégagée de la matière, celle-ci ne recevant que des formes individuelles. Par son intellect agent, elle abstrait l'universel du particulier,
ou l'espèce intelligible de l'image. Cela d'ailleurs rend compte de l'existence de la science, car il n'y a de science que de l'universel, étant donné le caractère universel de l'objet de toute
science. En effet, si l'âme humaine ne connaissait que le singulier, aucune science ne serait possible. L'âme humaine est donc une forme absolue. Ame intellectuelle, elle est une
substance individuelle, incorporelle et subsistante, et par conséquent
incorruptible par nature. Son intellection consiste à connaître la nature de l'espèce et du genre sans connaître les principes " individuants ". Elle possède une activité qui lui est propre et à laquelle le corps n'a point part, le corps ne se conformant qu'à son activité immatérielle. L'âme humaine, une fois le corps détruit, continue d'exister. Pour bien
comprendre ce raisonnement, il convient absolument de distinguer l'intelligence du sens et la puissance de l'acte, distinctions qui échappaient aux anciens Naturalistes ou
Physiciens et aux anciens ou premiers philosophes, incapables de penser au-delà des images, qui s'identifiaient à leur corps et à leur mental ou leur ego. " Il n'est
pas raisonnable d'admettre que l'intellect soit mêlé au corps ", dit Aristote), le maître de ceux qui savent.
Le sens est au sensible ce que l'intellect (possible) est à l'intelligible (idée ou concept), comme ce qui est en
puissance (non réalisé) par rapport à ce qui est en acte. Cependant, tout en étant semblable au sens, l'intellect en diffère fondamentalement sur deux points. En effet, le sens peut être détruit
par un excès de sensibles, ainsi la vue par un excès de lumière, alors que l'intellect ne peut l'être par un excès d'intelligibles - bien au contraire, c'est en approfondissant continuellement
ses connaissances qu'un homme fortifie son intelligence, et c'est même ainsi qu'il se rend érudit ou devient savant et consécutivement plus éclairé ou avisé. D'autre part, le sens ne peut pas
tout connaître, ainsi la vue ne connaît seulement que les couleurs, l'ouïe, que les sons, le goût, que la saveur, et ainsi de suite, alors que l'intellect, au contraire, est capable de tout
connaître, car il a l'être pris dans toute son universalité pour objet formel; et de même que pour tout connaître, l'intellect doit être sans mélange, de même s'il y avait une couleur à
l'intérieur de la pupille, la vision réelle d'autres couleurs serait faussée par la superposition de cette couleur, ainsi l'homme qui souffre de jaunisse voit tout jaune autour de lui. Et puisque
cette partie de l'âme qu'on appelle intellect possible ne contient rien en acte avant de penser, n'étant que le lieu ou le réceptacle des Idées en puissance, il n'est pas raisonnable de soutenir
qu'elle est mélangée au corps parce qu'elle ne possède aucune qualité inhérente à la matière (aucune qualité sensible), ne devenant en acte ce qu'elle pense qu'au moment où l'âme pense, comme le
sens ne devient en acte qu'au moment où l'âme sent, l'âme ne pensant que grâce à la lumière de l'intellect agent ou actif, constitutif formel du Moi profond qui emprunte sa lumière à la Source de
toute lumière et n'est absolument pas l'acte d'un organe corporel. La partie supérieure de l'âme ou sa partie intellective est à la fois immanente et transcendante au corps, immanente au corps en
tant que partie de l'âme et transcendante au corps en tant que ne tenant pas son être de sa combinaison avec la matière mais en tant que le tenant uniquement d'un principe extrinsèque. C'est ce
que soutient Aristote, écrivant : " Reste donc que l'intellect seul vienne du dehors et que seul il soit divin : car rien dans son opération ne communique avec l'opération corporelle
"( voir dans mes liens le site de mon ami Gérard Tronche)°
Aristote, De l'âme, liv. III, chap. 4 (l'intellect possible) :
" [...] Par suite, pensant toutes choses, l'intellect doit nécessairement
être sans mélange, comme le dit Anaxagore, afin de commander, c'est-à-dire de connaître; car, en manifestant sa propre forme à côté de la forme étrangère, il met obstacle à cette dernière et
s'oppose à sa réalisation. [...] Ainsi cette partie de l'âme qu'on appelle intellect (et j'entends par intellect ce par quoi l'âme pense et conçoit) n'est, en acte, aucune réalité. Pour cette
raison aussi, il n'est pas raisonnable d'admettre que l'intellect soit mêlé au corps, car alors il deviendrait d'une qualité déterminée..."
Id., chap. 5 (l'intellect agent) :
" [...] Et, en fait, on y distingue, d'une part l'intellect qui est
analogue à la matière, par le fait qu'il devient tous les intelligibles, et, d'autre part, l'intellect [qui est analogue à la cause efficiente], parce qu'il les produit tous, attendu qu'il est
une sorte d'état analogue à la lumière : car en un certain sens, la lumière, elle aussi convertit les couleurs en puissance, en couleurs en acte. Et c'est cet intellect qui est séparé, impassible
et sans mélange, étant par essence un acte; car toujours l'agent est d'une dignité supérieure au patient, et le principe à la matière. [...] C'est une fois séparé qu'il n'est plus ce qu'il est
essentiellement, et cela seul est immortel et éternel."
Plotin (v. 205-270), Ennéades, IV, 7 : De l'immortalité de l'âme
:
"Diront-ils que les pensées se rapportent à des formes qui sont en la
matière ? Du moins ces pensées naissent, en faisant abstraction des corps, et c'est l'intelligence qui opère l'abstraction. Car ce n'est pas avec son corps ni en général avec la matière qu'elle
opère l'abstraction du cercle, du triangle, de la ligne et des points. Il faut alors que l'âme elle-même se sépare du corps. Il faut donc qu'elle ne soit pas un corps. Le beau aussi, je pense, et
le juste sont inétendus. Or il y a pensée de l'un et de l'autre. Donc s'ils viennent à l'âme, elle les accueille avec ce qu'elle a d'indivisible, et ils se logent dans l'indivisible qu'elle a en
elle."
magnetique la philosophie du
samaritain